Ibrutinib (IMBRUVICA* – Janssen) est le premier inhibiteur puissant et covalent de la tyrosine kinase de Bruton administré par voie orale. Il est indiqué dans 3 indications avec des schémas d’administrations spécifiques:

Le lymphome à cellules du manteau (LCM) en rechute ou réfractaire

  • à la posologie de 560 mg en une seule prise soit 4 gélules à 140mg  par jour

La leucémie lymphoïde chronique (LLC) ou  lymphome lymphocytique (LL) ayant reçu au moins un traitement antérieur, ou en 1ère ligne en cas de délétion 17p ou de mutation p53 chez les patients pour lesquels une immuno-chimiothérapie est inadaptée et pour les patients de plus de 70 ans présentant une comorbidité qui contre indique l’utilisation en 1ère ligne de RFC (rituximab, fludarabine et cyclophosphamide)

  • à la posologie de 420 mg par jour  en une seule prise soit 3 gélules à 140 mg par jour

La macroglobulinémie de Waldenström (MW) ayant reçu au moins un traitement antérieur, ou en 1ère ligne chez les patients pour lesquels une immuno-chimiothérapie est inadaptée.

  • la posologie de 420 mg par jour  en une seule prise soit 3 gélules à 140 mg par jour

 

L’ibrutinib est disponible sous forme de gélules blanches dosées à 140 mg. Le traitement doit être pris en continu à la même heure. La prise de nourriture n’a pas d’influence sur la cinétique. Les gélules doivent être prises sans être ouvertes, ni mâchées.

C’est un médicament soumis à prescription hospitalière réservée aux spécialistes en hématologie ou aux médecins compétents en maladie du sang. Il nécessite une surveillance particulière pendant le traitement.

L’ibrutinib est disponible en pharmacie d’officine depuis août 2017.

 

Effets indésirables

Les effets indésirables les plus fréquents sont des diarrhées qui peuvent être sévères ; elles apparaissent au cours du premier mois mais peuvent aussi être retardées vers 6 à 9 mois de traitement. Leur prise en charge peut nécessiter une hospitalisation.

Des troubles hématologiques (anémie, thrombopénie et neutropénie) peuvent survenir, une surveillance de la NFS est indispensable. Une hyperlymphocytose en début de traitement est normale. Des pétéchies et des ecchymoses sont possibles. Une interruption de traitement avant et après tout geste chirurgical est indispensable.

L’apparition d’une pneumopathie doit être surveillée, ainsi que des fibrillations auriculaires notamment chez les patients avec des facteurs de risque.

Comme tous ces médicaments, l’ibrutinib est métabolisé par le cytochrome P450 – 3A4. Toute prescription devra faire l’objet d’une évaluation des interactions médicamenteuses.

L’association de l’ibrutinib avec les médicaments inhibiteurs même modérés du cytochrome P450 3A4 sont à  surveiller étroitement.  A ce titre, l’ibrutinib ne doit pas être pris avec du jus de pamplemousse ou des oranges de Séville car il existe un risque de surexposition a l’ibrutinib.

La co-prescription d’anti – acides diminue l’absorption de l’ibrutinib. Un délai de 2 à 10 heures doit absolument être respecté entre. Le mieux est de les arrêter.

Avant toute prescription, le patient doit faire l’objet d’un dépistage d’infection par le VHB car des cas de réactivation virale ont été rapportées (recommandation datant de juillet 2017)

 

Sources et informations complémentaires :
Résumé des caractéristiques du produit et notice d’information (ANSM, février 2014 et juillet 2017)