Après un lymphome, prendre soin de soi

Après un lymphome comme après tout cancer, un suivi médical tout au long de la vie reste nécessaire. Après les premières années qui suivent le traitement, l’espacement des consultations de surveillance, le souhait du patient de » tourner la page », mais la possibilité de conséquences ou complications tardives du traitement souligne l’importance pour le patient d’être bien informé, d’être acteur de son parcours de vie, et de prendre soin de soi. Savoir observer son corps et rester réactif devant un symptôme pour consulter son médecin traitant est essentiel pour le diagnostic précoce de possibles complications, en particulier le risque infectieux, une maladie cardiovasculaire, un second cancer.
Facteurs de risque

  • Certains médicaments de la chimiothérapie : busulfan, corticothérapie prolongée
  • Allogreffe de moelle
  • Radiothérapie localisée ou irradiation corporelle totale
  • Cheveux blonds ou roux, yeux clairs, taches de rousseur, grains de beauté nombreux

Complications possibles

  • Sécheresse cutanée
  • Taches brunes après radiothérapie et exposition solaire
  • Grains de beauté favorisés par certaines chimiothérapies et la radiothérapie

Signes qui doivent conduire à consulter

  • Toute lésion cutanée ou cicatrice qui se modifie ou persiste plus d’un mois

Surveillance

  • Consultation dermatologique annuelle si nombreux grains de beauté et/ou antécédents familiaux de cancers cutanés
  • Avis d’un chirurgien plasticien pour une cicatrice inesthétique

Prévention

  • Eviter l’exposition solaire pendant un an après chimiothérapie et radiothérapie
  • Recommandations pour l’ensemble de la population : pas d’exposition solaire entre 12H et 16H, usage de produits de protection solaire à indice élevé (50+), applications en couche épaisse et  fréquentes toutes les 1 à 2H.

Facteurs de risque

  • Chimiothérapie comportant des anthracyclines ou de l’endoxan
  • Radiothérapie au niveau du thorax

Complications possibles

  • Baisse de la fraction d’éjection du ventricule gauche
  • Insuffisance coronaire
  • Anomalies des valves cardiaques

Signes qui doivent conduire à consulter

  • Palpitations
  • Essoufflement ou fatigue anormale à l’effort
  • Douleur dans la poitrine
  • Perte de connaissance ou malaise

Surveillance

  • L’examen clinique cardiovasculaire et l’échographie du cœur restent la référence pour l’évaluation des patients dans la pratique courante.
  • Dans l’année suivant l’arrêt du traitement, une évaluation est recommandée.
  • Après radiothérapie au niveau du thorax à proximité du cœur un examen cardiovasculaire est recommandé, 5 ans suivant l’irradiation chez un patient dont l’examen initial a prédit un risque, et 10 ans dans le cas contraire.
  • La surveillance doit être renouvelée à intervalle de 5 à 10 ans, selon le risque du patient.
  • La surveillance cardiologique des patients traités dans l’enfance peut débuter 2 ans après le traitement et maintenue tous les 5 ans, à vie.

Prévention

Réduction des facteurs de risque cardiovasculaires de la population générale :

  • Surpoids, obésité
  • Taux de sucre et de graisse trop élevé dans le sang
  • Tabagisme
  • Hypertension artérielle
  • Manque d’activité physique
  • Usage de certaines drogues (cocaïne, amphétamines…)

Facteurs de risque

  • Radiothérapie au niveau du cou ou de la partie haute du thorax
  • Irradiation corporelle totale
  • Chimiothérapie comportant du busulfan

Complications possibles

  • Hypothyroïdie ou hyperthyroïdie
  • Nodules bénin ou cancer de la thyroïde

Signes qui doivent conduire à consulter

  • Symptômes d’hyperthyroïdie (palpitations, transpiration anormale, troubles du sommeil ou de l’humeur, diarrhée, perte de poids) ou d’hypothyroïdie plus rares (fatigue, frilosité, constipation).

Surveillance

  • Une fois par an : courbe de poids, examen cardiovasculaire, palpation de la thyroïde et des aires ganglionnaires cervicales.
  • Chez les patients ayant reçu une radiothérapie, dosage de T4 et TSH une fois par an.
  • Dans certains cas échographie de la thyroïde.
  • Chez les femmes enceintes une évaluation clinique et dosage T4, TSH peut être recommandée.

Prévention

  • Apport d’iode suffisant (sel iodé)

Facteurs de risque

  • Facteurs de risque de surdité
  • Chimiothérapie comportant du cisplatine ou du carboplatine
  • Radiothérapie du cerveau ou de la région ORL incluant l’appareil auditif

Complications possibles

  • Anomalies de l’audition, difficultés de compréhension de la parole

Signes qui doivent conduire à consulter

  • Sifflements, bruits perçus dans l’oreille (acouphènes)
  • Baisse de l’audition

Surveillance

  • Examen audiométrique (audiogramme)
  • Potentiels évoqués auditifs (PEA) en cas de difficultés de compréhension
  • En fonction des symptômes et des facteurs de risque

Prévention

  • Informer le médecin de possibles troubles auditifs afin d’éviter les médicaments à risque
  • Traiter les otites
  • Eviter l’exposition aux bruits intenses et recourir à des mesures de protection spécifique en cas d’exposition aux bruits.

Facteurs de risque

  • Radiothérapie incluant les glandes salivaires

Complications possibles

  • Manque de salive
  • Mauvaise qualité de l’émail des dents, risque accru de carries et d’usure
  • Déséquilibre du contact des dents

Signes qui doivent conduire à consulter

  • Sensation de bouche sèche
  • Couleur anormale des dents, des muqueuses de la bouche
  • Douleurs à la mastication

Surveillance

  • Examen clinique chez le dentiste au moins une fois par an
  • Prévenir le dentiste des traitements reçus

Prévention

  • Hygiène bucco-dentaire
  • Recours à un dentifrice fluoré adapté à l’âge

Facteurs de risque

  • Chimiothérapies comportant bléomycine, carmustine ou lomustine
  • Chimiothérapie à haute dose suivie d’une greffe de cellules souches hématopoïétiques
  • Allogreffe compliquée d’une maladie du greffon contre l’hôte (GVH)
  • Radiothérapie du poumon ou corporelle totale

Complications possibles

  • Inflammation des bronchioles (bronchiolite oblitérante) réduisant l’entrée d’air dans les poumons
  • Pneumopathie interstitielle
  • Risque accru d’infections pulmonaires à l’origine de dilatations des bronches
  • Insuffisance respiratoire

Signes qui doivent conduire à consulter

  • Toux persistante, essoufflement anormal à l’effort ou au repos
  • Infections broncho-pulmonaires répétées

Surveillance

  • Surveillance clinique annuelle
  • En fonction des symptômes, radiographie ou scanner du thorax, explorations fonctionnelles respiratoires