Compléments alimentaires et plantes

Dites à votre médecin et votre pharmacien ce que vous prenez pendant le traitement du lymphome

Les compléments alimentaires et certaines plantes ne sont pas toujours compatibles avec les traitements médicaux et comportent des risques lorsque consommés pendant le traitement du cancer. Ils peuvent modifier le métabolisme des médicaments et entrainer des effets secondaires (diminution de l’élimination du médicament) ou réduire l’efficacité du traitement (augmentation de l’élimination du médicament).

Il est important d’en parler à votre médecin ou votre pharmacien, au même titre que les autres médicaments et thérapies complémentaires auxquels vous avez recours, pour vérifier si les produits que vous utilisez comportent des risques qui justifieraient des précautions.

Les compléments alimentaires sont des denrées alimentaires qui constituent une source concentrée de nutriments ou de substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique (vitamines, sels minéraux, préparations de plantes). Ce ne sont pas des médicaments, bien que présentés sous formes de gélules, pastilles, comprimés, préparations liquides ou en poudre.
Ils sont largement distribués et vendus sans ordonnance. L’achat sur des sites internet comporte des risques : provenance inconnue, composition exacte et qualité non garanties.

Les étiquettes des compléments alimentaires doivent comporter des mentions qu’il est important de lire. La fabrication et la commercialisation des compléments alimentaires sont régies par une réglementation européenne.

Le peu de connaissances sur les risques d’associer des compléments alimentaires au traitement de chimiothérapie et d’immunothérapie, incite à la prudence pendant le traitement du cancer.

La phytothérapie, traitement fondé sur les extraits de plantes et les principes actifs naturels, est utilisée par les personnes atteintes de cancer. Les préparations à base de plantes peuvent entrainer des effets secondaires de différentes façons.

  • Interactions avec les traitements classiques
    • Ail : potentialisation avec les anticoagulants ou antiagrégants plaquettaires
    • Gingembre : augmentation de l’INR (inhibition de la thromboxane synthase), ne pas associer aux anticoagulants oraux anti-vitamine-K
    • Ginseng : interactions avec les anticoagulants.
    • Millepertuis : digoxine, théophylline, anti-vitamine-K, contraceptifs oraux, cyclosporine (induction enzymatique du cytochrome P450, diminution des concentrations plasmatiques et de l’efficacité des médicaments). A l’inverse un arrêt brutal du millepertuis peut entrainer une augmentation des concentrations plasmatiques des médicaments. Millepertuis est présent dans de nombreux produits utilisés en phytothérapie, son association à tout autre médicament est à éviter en raison de la fréquence des interactions médicamenteuses.
  • Effets toxiques propres comme par exemple
    • Millepertuis : nausées, maux de tête, hypersensibilité
    • Echinacée : hypersensibilité
    • Ginseng : nausées, maux de tête, diarrhée, hypertension artérielle
  • Réduction de l’efficacité de nombreuses chimiothérapies
    • Curcuma : inhibiteur de l’action anti-tumorale du cyclophosphamide et doxorubicine
    • Ginseng : inducteur de l’isoenzyme CYP 3A4 du cytochrome P450 qui métabolise cyclophosphamide, imatinib, etoposide, vinca-alcaloïdes, vinorelbine* (liste non exhaustive).
    • Millepertuis : diminution de l’efficacité de certaines chimiothérapies.
  • Augmentation de la toxicité des traitements du cancer
    • Ail, ginkgo biloba, échinacée, ginseng, extrait de pépin de raisin, thé vert
    • Curcuma : inhibiteur de l’isoenzyme CYP 3A4 du cytochrome P450.*
    • Pamplemousse : inhibiteur de l’isoenzyme CYP3A4 du cytochrome P450.*
    • Réglisse : inhibiteur de l’isoenzyme CYP3A du cytochrome P450* et de l’isoenzyme CYP2D6 ayant pour substrat Glivec, Tamoxifène.
Compléments alimentaires sur le site du Ministère des Solidarités et de la Santé

Question phytothérapie : Répondre aux patients atteints de cancer. Fiches de phytothérapie disponibles sur le site de l’AFSOS

Publié le 3 août 2020 – Mis à jour le 7 août 2020